À l’occasion de la journée internationale de la femme qui se tient le 8 mars, nous en profitons pour vous parler de la femme chinoise, mais par l’intermédiaires de courts vidéos sur la scène artistique chinoise postés dans le site Youtube.
Les idoles instantanée ou les électrons libres et talentueux du milieu artistique, s’ils ne représentent pas nécessairement l’ensemble de la société, incarnent souvent de façon éloquente ses aspirations et ses préoccupations, laissant présager des changements à venir. Ainsi les portraits de femmes qui sont présentés dans les vidéos qui vont suivre ne ont pas à l’image de toutes les femmes chinoises, mais démontrent hors de tout doute que nous n’en sommes plus à l’époque des pieds bandés, ou de la femme soldat asexuée sous les ordres de Mao. On y parle de modèles qui enfreignent et repoussent les limites de ce qui est considéré comme “acceptable”, mais qui créent peu à peu une nouvelle place et élargissent l’univers des possibles pour la génération montante.
En musique
Voici un petit vidéo qui explique, par des entrevues, le parcours de deux jeunes musiciennes de la scène de Beijing, des groupes Hedgehog et Carsick Cars. La capitale a depuis les années 80 été le creuset et le théâtre où ont évolué de nombreux groupe à la musique dite “rebelle”, peut-être à cause du caractère foncièrement politique du climat social pékinois. Des talents de partout au pays s’y donnaient rendez-vous et tâtaient de cette musique occidentale dans les bars clandestins et des appartements. Aujourd’hui, le genre s’est diversifié et commercialisé, s’étendant à toute la Chine. Les précurseur ayant tracé la voie pour les autres, on entend des créations de tous les styles musicaux sur les ondes et dans les petits bars.
Dans le vidéo, il est brièvement question des “Supergirl“. Il s’agit d’une émission chinoise extrêmement populaire, du même genre que Star Académie. En 2005, le choix de Li Yuchun comme gagnante avait provoqué un tollé général car on disait qu’elle ne représentait pas la jeune fille chinoise avec son look androgyne (la coupe à la garçon) et son attitude aggressive. Début 2006, son look était à la mode chez une certaine partie de la population estudiantine. Enfin, comme l’affirme la protagoniste du vidéo, les concours comme Supergirl ne font pas l’unanimité dans la communauté artistique.
Ce n’est tout de même pas facile de faire carrière en Chine, ne serait-ce qu’à cause du piratage qui ne permet pas de grands profits. La censure, l’auto-censure et les pratiques commerciales erratiques sont d’autres freins à l’émergence d’un marché musical comprable à ce qu’on retrouve ici. Les musiciens doivent provenir des classes aisées, ou encore se vouer à une existence qui ressemble plus à une vocation qu’à une carrière, c’est-à-dire vivre de maigres revenus, ne pas attendre de reconnaissance sociale et vivre sur la route, tout en entendant votre matériel jouer sur les ondes et se vendre dans les magasins à la grandeur du pays, sans toucher la moindre redevance. L’alternative est de percer dans le monde chinois, en dehors de la Chine, où des majors contrôlent et se partagent les parts de marché, mais qui décident pour une large part de la nature du produit.
Il serait injuste de ne pas mentionner que le foisonnement musical est aussi plus que présent à Shanghai, la “Paris de l’Orient” qui semble renaître de ses cendres tel un phoénix (animal très présent dans l’imagerie chinoise. L’impératrice était considérée comme un phoénix, l’empereur comme un dragon). Dans les années 1930-1940, Shanghai constituait une plaque tournante du Jazz international. Les grands noms venaient s’y produire et la scène locale comptait son lot de femmes actrices et chanteuses de Jazz, comme la célèbre Zhou Xuan qui jazzait en anglais et en chinois. Dans un espèce de revivalism” mu par la nostalgie, ou par un permanent besoin de contrebalancer la place que prend sa rivale Beijing sur le plan politique, la ville de Shanghai se développe à nouveau comme à cette époque révolue, et le Jazz y reprend également sa place.
Le vidéo qui suit présente un groupe particulier de la scène musicale shanghaïenne, Cold Fairyland (冷酷仙境, Lěngkù Xiānjìng), qui se produit dans un local situé en dehors des sentiers battus, le YuYinTang. Ce groupe a la particularité qu’il marie des élément de rock et de musique traditionnelle chinoise. Vous pouvez consulter d’autres vidéos à leur sujet dans leur page MySpace, en cherchant le mot clé coldfairyland. Le groupe compte notamment plusieurs femmes à son actif, qui récupèrent et s’approprie le rôle traditionnel de la joueuse de Pípá (琵琶, luth chinois) ou de Gǔzhēng (古箏, cithare chinoise).
Le vidéo était initialement tourné pour GigShanghai, un cannal Youtube qui montre la scène musicale shanghaienne actuelle (entrevue avec des groupes, performances). La qualité du son n’étant pas très bonne, je vous recommande toutefois de vous rendre dans leur page MySpace pour vous faire une meilleure idée (on peut y écouter certaines de leur chansons)
En vidéo: ces femmes cinématographes
Enfin, voici un vidéo sur un projet de promotion de femmes cinématographes au Yunnan, une province montagneuse du Sud de la chine (au Sud du Sichuan) où l’on retrouve une très grande diversité ethnique. Dans le vidéo, on interroge la productrice du projet Yunnan New Film Project, Lola.
LiensLe Yugongyishan, un des bars cool du quartier Sanlitun, à Beijing, où se produisent nombre de ces groupes expérimentant sur des voies différentes de la musique pop chinoise…. Je fais un extra. Voici un vidéo de GigShanghai couvrant la performance du groupe pékinois Hedgehog à son passage là-bas. Écoutez ce vidéo pour voir la première intervenante, interrogée plus haut, en action. Mettez vos lunettes anti-brouillard, car la visibilité est nulle, et vos bouchons, car le son est très mauvais, mais les commentaires recueillies vox-populi à la fin valent la peine!